Raqs Sharqi se traduit de l’arabe par 'danse de l’est' ou 'danse de l’Orient'

Les voyageurs européens du siècle dernier, qui n’étaient pas habitués aux mouvements de hanches et de buste dans les danses de leurs pays, la dénommèrent «danse du ventre».
Dommage que ce terme irrespectueux soit encore utilisé de nos jours, alors que la Danse Orientale nécessite l’isolation et la maîtrise des mouvements de chaque partie du corps.
Les origines précises du Raqs Sharqi sont controversées. Certains historiens citent la Phénicie, d’autres Babylone, d’autres l’Egypte ancienne …

Alors que des formes variées de cette danse se pratiquent aujourd’hui dans les pays ou toutes ces anciennes civilisations ont existé, la seule chose certaine est qu’elle remonte à des temps très anciens :
Traditionnellement en Egypte il y avait 2 types de danseuses professionnelles :
Les Ghawazee et les Awalem.

Les premières sont des danseuses professionnelles appartenant habituellement à la famille de la tribu Nawar, Rom (gitans) qui voyagèrent du Proche Orient en Egypte via la Perse ; plus estimées dans le passé, les Awalem qui n’étaient pas gitanes, dansaient et chantaient, récitaient des poèmes et jouaient des instruments de musique. La plupart d’entre elles se produisaient exclusivement dans les Harems ; elles étaient fort éduquées et plus respectées que les Ghawazees ; les plus talentueuses d’entre elles se produisaient même dans les cours des dirigeants.

Dansée à travers les siècles par les femmes lors des fêtes de famille, quand nous parlons de Raqs Sharqi de nos jours, nous parlons en fait plus souvent de la danse présentée par les danseuses professionnelles des night-clubs du Moyen Orient.

Cette version plus professionnelle, plus artistique de la danse s’est développée au cours de années 1900, et plus particulièrement en Egypte ;
Dans les années 1930, une femme d’origine libano-syrienne, Badia Mansabny, ouvrit un night-club au Caire. Influencé par les cabarets européens, le Casino Opéra était un cabaret avec des divertissements orientaux ;
Farid El Atrache et Mohammed Abdel Wahab, deux célèbres chanteurs compositeurs qui ont profondément influencé la musique dans tout le monde arabe, ont fait leurs tous débuts au Casino Opéra.

Le Raqs Sharqi subit à cette époque d’importantes transformations ; ayant été exécuté jusque là dans de petits espaces, il dut être adapté à la scène.
En plus d’entraîner elle-même ses propres danseuses, Badia Mansabny employa aussi de grands chorégraphes occidentaux tels Isaak Dixon et Christo.
Inspiré par les films hollywoodiens, le costume deux pièces à perles et à sequins, l’utilisation du voile apparurent pour la première fois à cette période.
Bien que travaillant principalement en groupe, les danseuses les plus talentueuses étaient parfois autorisées à danser en solo.
L’industrie du film égyptien était fleurissante à cette époque et les chercheurs de nouveaux talents venaient souvent au Casino Opéra ; grâce à leur exposition massive au public à travers le cinéma, les danseuses commencèrent à devenir des stars.
Deux d’entre elles commencèrent leur carrière au Casino Opéra : Samia Gamal et Tahia Carioca; elles avaient beaucoup de points communs : toutes deux venaient de milieux modestes, quittèrent leur famille très jeunes et travaillèrent au Casino Opéra. Mais le plus déterminant est que toutes deux furent des pionnières qui aspiraient à élever le Raqs Sharqi au rang d’un art beau et élégant, et elles y parvinrent avec le succès que l’on connaît.

De nos jours cependant, les danseuses du Moyen Orient et d’Occident qui s’investissent artistiquement doivent continuer à se battre pour que le Raqs Sharqi finisse par obtenir la même reconnaissance que les autres formes de danse.

Traduit du texte « Stars of Casino Opera » par Jalilah